Épictète et l’endurance
« Si tu veux progresser, accepte d’avoir l’air idiot et ignorant. » Épictète a abaissé la barre pour qu’on la franchisse—mais il a rendu l’exercice douloureux.

Unknown — "Victory with Cornucopia (Chariot Attachment)" (40–68 CE), CC0
L’endurance, version Épictète.
Dans le Manuel (Enchiridion), section 13, Épictète ordonne : «Εἰ θέλεις ἐπιδιόρθωσιν, συγκατάνευε θεωρεῖν σε ἀλόγιστον καὶ ἄφρονα ὑπὸ τινων.» — «Si tu veux progresser, accepte d’être pris pour un idiot et un ignorant par certains.» Il vise en plein dans la peur du ridicule.
Pourquoi Épictète défie l’opinion publique.
Pour Épictète, la pire prison, c’est l’approbation. Impossible de bâtir la vertu sous le regard d’un public qui note chaque geste. Supporte les regards de travers et les remarques moqueuses—c’est la preuve que tu avances. La liberté, c’est ne plus craindre d’avoir l’air perdu, tant que tu connais ta direction.
De l’esclavage au maître à penser.
Épictète a commencé enchaîné à la volonté d’un autre, et a fini libre, à forger des philosophes. Ses paroles piquent, mais elles servent d’armure à ceux qui en ont assez de courir après les applaudissements.
La philosophie d’Épictète n’a rien de doux. Il savait que courir après l’approbation tue la vraie progression plus sûrement que n’importe quelle épreuve. Parfois, être sous-estimé, c’est la première étape.