Agis IV et la fin de la vieille Sparte
Un roi spartiate arraché à l’autel du temple et étranglé — par sa propre cité.

Unknown — "Marble statue of Aphrodite" (1st or 2nd century CE), public domain
Un roi implore l’asile sacré.
Quand ses propres réformes retournèrent la ville contre lui, Agis IV se réfugia dans le temple d’Athéna pour demander protection. À Sparte, ce sol devait être inviolable. Le peuple n’avait pas oublié sa promesse d’effacer les dettes et de restaurer l’égalité d’antan. Les chefs de la cité, eux, avaient d’autres plans.
Étranglé dans l’ombre.
Des hommes armés envahissent le temple de nuit. Ils traînent Agis dans une minuscule cellule et l’étranglent avec une corde — sans procès, sans discours, sans dernier adieu. Sa mère et sa grand-mère sont assassinées à ses côtés. Les corps sont jetés dans des tombes anonymes, pour que personne n’ose les pleurer.
Le rêve meurt avec le roi.
Agis voulait ressusciter la Sparte de la monnaie de fer et des terres partagées. Sa mort a prouvé qu’à Sparte aussi, la politique pouvait tout déchirer. La cité n’a plus jamais tenté de réformer.
Agis IV a voulu ressusciter la vieille Sparte — il l’a payé de sa vie. Même à Sparte, le changement radical se paie dans le sang.