Sénèque : Faveurs et Amitié
« Souviens-toi du bien reçu, oublie celui que tu as donné. » — La règle de Sénèque pour garder ses amis et sa dignité.

Seneca on Favors and Friendship, public domain
Le conseil aiguisé de Sénèque à ses amis.
Sénèque écrit dans De Beneficiis (Des Bienfaits), Livre II : « Accipientis beneficium meminisse oportet, dantis oblivisci. » — « Celui qui reçoit doit se souvenir du bienfait, celui qui donne doit l’oublier. » Rome carbure aux services rendus, mais Sénèque conseille de jeter l’abacus.
Briser les chaînes de l’obligation.
Sénèque, plongé dans les arcanes de la politique impériale, redoute que chaque faveur sème la rancœur future. Les stoïciens veulent la vertu pour elle-même, pas pour les applaudissements ou le retour. Un don sans mémoire, pensait-il, c’est le cadeau le plus libre qui soit.
Sénèque, le survivant.
Sénèque a coaché Néron, survécu à l’exil, navigué une cour où un regard pouvait tuer. Il savait comment la rancune déforme les alliances. S’il vous dit de lâcher la feuille de comptes, c’est qu’il en a tenu une—et qu’il sait ce qu’elle pèse.
La formule de Sénèque pour l’amitié est brutale et limpide. Mal compter, et chaque faveur se transforme en dette. Sa maxime tranche dans l’obsession romaine du donnant-donnant et de la réputation.