Le procès des Dix Généraux
Six généraux athéniens rentrent victorieux—et sont exécutés par leur propre cité pour ne pas avoir sauvé des hommes de la noyade.

David — "The Death of Socrates" (1787), public domain
Victoire en mer, tragédie à terre.
La flotte athénienne écrase les Spartiates à Arginuses. Mais une tempête disperse les navires—laissant des milliers de rameurs lutter dans les débris. Quand les secours n’arrivent pas, la cité explose de chagrin et de colère.
Des généraux jugés… pour avoir gagné.
Six commandants rentrent, s’attendant à des acclamations. À la place, l’Assemblée les traîne devant 6 000 citoyens. L’accusation : avoir abandonné leurs hommes noyés. Pas d’avocat, pas de préparation. Cris, larmes, un vote à la pierre. L’exécution tombe dans la foulée.
Le double tranchant de la démocratie.
Athènes a puni la victoire comme une défaite. Quelques mois plus tard, la flotte s’effondre—et Sparte frappe en retour. Parfois, la démocratie se révèle surtout dans sa fureur, pas dans sa clémence.
Athènes a écrasé ses ennemis sur mer, puis condamné ses propres chefs dans un accès de fureur—la démocratie retournant son arme la plus tranchante contre elle-même.