Musonius Rufus sur la vengeance
« Il vaut mieux subir l’injustice que la commettre. » — Musonius Rufus traçait ses lignes les plus dures là où l’honneur romain réclamait le sang.

Jacopo [Giacomo] Barozzi da Vignola — "The Farnese Table" (ca. 1565–73), public domain
L’homme qui a interdit la vengeance.
Musonius Rufus, dans ses Leçons, dit : «Κρείττων γάρ ἐστιν ἀδικεῖσθαι ἢ ἀδικεῖν.» — «Il vaut mieux subir l’injustice que la commettre.» Un pied de nez aux vendettas romaines. Pas de discours de gladiateur. Pas de fierté dans la riposte.
Pourquoi Musonius a pris cette position.
Pour Musonius, faire du mal à autrui—même par vengeance—salit l’âme. La vertu stoïcienne, c’était s’élever au-dessus de son ennemi, pas descendre à son niveau. Il a formé sénateurs et esclaves à répondre à l’offense par la maîtrise de soi, pas par la revanche.
Acier romain, acier stoïcien.
Musonius a été exilé deux fois pour avoir dit la vérité au pouvoir. Il prônait la force par la retenue—peut-être ce dont Rome avait plus besoin que de légions. Ses mots tranchent encore dans chaque dispute sur Internet : la vengeance est un choix, pas une obligation.
Musonius Rufus ne se contentait pas de pardonner — il exigeait de ses élèves qu’ils vivent au-dessus de la vengeance, dans un monde programmé pour la riposte. Ce n’était pas de la faiblesse. Pour les stoïciens, se retenir était la vraie force. Voilà pourquoi sa maxime résonne encore aujourd’hui.