Marc Aurèle face aux autres
« Quand tu te lèves le matin, dis-toi : aujourd’hui, je rencontrerai l’ingratitude, l’insolence, la trahison, la mauvaise volonté et l’égoïsme. » — Marc Aurèle se prépare à une nouvelle journée d’empereur, et ça ressemble à la liste de toutes les mauvaises réunions.

Marcus Aurelius on Dealing with Other People, public domain
Le mantra matinal de l’empereur.
Marc Aurèle, dans les Pensées (Livre II, 1), écrit : « Ἐπὶ πᾶν τὸ πρωί, ἑαυτόν παρασκεύαζε λέγων, Σήμερον ἀπαντήσομαι περιπαιγμονίᾳ, ἀχαριστίᾳ, ὕβρει, δολιότητι, ἀπιστίᾳ, μισοπονηρίᾳ, ἀνθρώποις φιλαυτοῦσι. » — « Quand tu te lèves le matin, dis-toi : aujourd’hui, je rencontrerai l’ingratitude, l’insolence, la trahison, la mauvaise volonté et l’égoïsme. »
Pourquoi commencer la journée ainsi ?
Marc Aurèle ne s’apitoyait pas. Il voulait une armure, pas des illusions. En s’attendant au pire chez les autres, il pouvait répondre avec patience, pas avec surprise ou colère. C’est la version stoïcienne du « prépare-toi au choc ».
Le métier le plus solitaire du monde.
Marc Aurèle a régné au milieu des pestes, des guerres et des trahisons. Son seul réconfort : une tablette de cire sous la lampe, où il griffonnait ses rappels à lui-même. Il pratiquait la philosophie non pas dans la paix, mais sur le champ de bataille — et au palais, où la bonté était plus rare que l’or.
Marc Aurèle ne voulait pas être surpris par la déception. Prévoir la frustration, c’est s’y préparer — et parfois l’éviter. Il écrit ça, non par amertume, mais par réalisme lucide.