Toilettes romaines : pas de cloisons, pas de gêne ?
Imagine une rue animée de Rome—des hommes alignés sur des bancs de marbre ouverts, bavardant tout en se soulageant. Zéro intimité, personne ne bronche. C’est l’image qu’on a, non ?

Velázquez (Diego Rodríguez de Silva y Velázquez) — "Juan de Pareja (ca. 1608–1670)" (1650), public domain
Le mythe des toilettes à ciel ouvert.
Tous les documentaires montrent des Romains bavardant côte à côte sur des bancs de marbre, en pleine vue. Un événement social et une pause toilettes, tout en un. L’image marque—et elle n’est pas totalement fausse, mais pas tout à fait vraie non plus.
Moins décontracté qu’on ne croit.
Si les latrines romaines manquaient souvent de cabines, beaucoup étaient dissimulées dans des recoins sombres ou protégées par de petits murs ou des rideaux. Les traces archéologiques et les auteurs d’étiquette révèlent un malaise persistant : blagues sur les bruits gênants, interdiction de croiser le regard, et même des illustrations de capes de pudeur. Public, oui. Sans gêne ? Pas toujours.
D’où vient ce mythe ?
Les guides touristiques et les écrivains du XIXe siècle adoraient choquer leurs lecteurs avec des histoires de « banquets de toilettes » romains. Mais les graffitis et lettres antiques montrent plus de râleries que de rires—personne n’aimait vraiment le système.
Les toilettes publiques romaines n’avaient pas de cabines individuelles, mais cela ne voulait pas dire que tout le monde s’y sentait à l’aise. L’archéologie révèle que beaucoup étaient cachées, séparées par de petits murets ou des rideaux, et les manuels d’étiquette interdisaient de parler ou de croiser le regard. L’intimité était rare, mais le confort aussi.