Fragmenta.
Récit·Rome Antique·Crise du IIIe siècle (238 ap. J.-C.)

Les empereurs Gordiens et le pari du Sénat

En un après-midi, le Sénat soutient deux empereurs tout neufs—et les regarde mourir avant la fin de la semaine.

Les empereurs Gordiens et le pari du Sénat

Auguste Renoir — "Madame Georges Charpentier (Marguerite-Louise Lemonnier, 1848–1904) and Her Children, Georgette-Berthe (1872–1945) and Paul-Emile-Charles (1875–1895)" (1878), public domain

Coup d’État par messager

La nouvelle file vers Rome : le peuple d’Afrique du Nord s’est révolté, a tué le gouverneur honni et proclamé Gordien Ier et son fils empereurs. Le Sénat saute sur l’occasion, vote son soutien sans attendre. Les statues de l’ancien tyran sont arrachées du Forum.

Une semaine d’illusions

Le règne des Gordiens n’aura duré que vingt-et-un jours. Un général rival marche sur Carthage et écrase la révolte. Gordien II tombe au combat. Gordien Ier, vieil homme, se pend en apprenant la nouvelle. Le Sénat est piégé—engagé dans la rébellion sans plus aucun empereur.

Le prix du pari du Sénat

Impossible de reculer. Le coup du Sénat les force à se battre pour survivre, déclenchant une guerre civile brutale. Pour Rome, c’est un rappel : dans les pires jours de l’Empire, les hommes en toge jouaient leur tête à chaque partie.

Le Sénat a tenté de doubler un tyran en misant tout sur les Gordiens. Leur coup de poker a tourné au désastre sanglant, révélant à quel point le pouvoir était fragile dans les jours les plus sombres de Rome.

Trois minutes par jour.

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